Écrit le 19 juillet 2025 - 1998 vues
Les légendaires Rockets signent un retour marquant avec The Final Frontier. Un album entre hommage et renouveau, alliant space-rock vintage et modernité, accompagné d’une tournée ambitieuse.
Le groupe mythique Rockets est de retour avec un album aussi attendu que symbolique : The Final Frontier, sorti le 31 octobre 2024. Cet opus marque un cap particulier dans l’histoire du combo spatial franco-italien : un retour assumé aux sources, avec un regard résolument tourné vers l’avenir. Entre hommages et nouvelles explorations sonores, The Final Frontier s’impose comme une pièce charnière de leur discographie.
L’album est disponible à l’achat ou en streaming sur toutes les plateformes les plus connues : Spotify, Deezer, Amazon Music, Apple Music, YouTube Music ainsi que sur Zamusica (Italie).
Après avoir revisité leur propre histoire avec Time Machine (2023), album de reprises et relectures de classiques, les Rockets reprennent ici la route des compositions originales. The Final Frontier est un disque qui puise clairement dans le répertoire space-rock des années 70 et 80, tout en modernisant les arrangements et les textures. Les fans de Plasteroid ou de Galaxy retrouveront des sonorités familières, mais cette fois, le son est plus épuré, mieux produit et moins compressé que sur les dernières productions.
Le choix du format est également révélateur : 10 titres pour la version vinyle, auxquels s’ajoutent 4 morceaux bonus sur la version CD et digitale, dont une suite instrumentale en trois parties qui clôt le disque avec élégance.
La force de The Final Frontier, c’est aussi la cohésion d’un groupe qui connaît son ADN sur le bout des doigts. Chaque membre apporte ici une contribution essentielle :
Fabrice Quagliotti, claviériste historique du groupe depuis 1977, reste le maître des atmosphères cosmiques. Il joue avec les textures, les nappes électroniques et les vocoders avec une subtilité qui fait mouche.
Fabri Kiarelli, chanteur et guitariste, s’affirme comme le moteur créatif de ce disque. Il signe plusieurs compositions majeures (Ride the Sky, Break the Silence, Cyber Love) et impose un chant plus naturel, moins robotisé que sur les précédents albums. Sa voix renoue avec la chaleur humaine des premiers Rockets, tout en restant dans l’esthétique galactique.
Gianluca Martino, à la guitare, brille notamment sur les morceaux plus mélodiques comme Ballade pour la Terre, où son jeu se fait aérien, presque cinématographique.
Rosaire Riccobono, bassiste fidèle, ancre le son du groupe avec des lignes efficaces, tantôt classiques, tantôt synthétiques. Il apporte une profondeur rythmique essentielle sur des titres comme Flesh and Bones ou Break the Silence.
Eugenio Mori, à la batterie, oscille entre grooves électroniques et percussions acoustiques, donnant du relief et de la dynamique à l’ensemble.
Le grand frisson vient aussi de la participation exceptionnelle d’Alain Maratrat, membre fondateur et guitariste emblématique des Rockets des années 70. Il signe un solo poignant sur Cosmic Castaway, morceau-hommage qui prend une résonance particulière depuis sa disparition en mai 2025. Son intervention, sobre et émotive, est l’un des sommets du disque.
Le voyage proposé par The Final Frontier est riche et cohérent. L’album s’ouvre avec Ride the Sky, un titre énergique où riffs accrocheurs et refrains fédérateurs plongent directement l’auditeur dans l’univers Rockets.
Avec Flesh and Bones, les musiciens dévoilent une ballade émotionnelle, portée par la guitare délicate de Martino et le chant subtil de Kiarelli.
Ballade pour la Terre offre un moment contemplatif : un instrumental atmosphérique où le duo piano-guitare fait merveille, créant une ambiance quasi cinématographique.
Sur Cyber Love, les Rockets assument un côté plus électro-metal, avec un riff puissant et des sonorités presque cyberpunk, évoquant par moments Judas Priest dans l’espace.
Enfin, Cosmic Castaway s’élève comme un hommage sensible, traversé par le jeu cristallin de Maratrat. Ce morceau marque sans doute l’un des temps forts émotionnels du disque.
Le triptyque bonus Epilogue (Part 1-3) conclut l’album de manière ambitieuse : une suite progressive mélangeant synthés rétro, mélodies mélancoliques et envolées instrumentales. Une façon pour les Rockets de relier leur passé argenté à leur présent électronique.
Côté scène, les Rockets n’ont pas chômé. Après la sortie de The Final Frontier, le groupe a enchaîné une quinzaine de dates cet hiver à travers la France et l’Italie, renouant avec un public fidèle et intergénérationnel.
Pour l’été 2025, six concerts sont déjà programmés au mois d’août, avec des passages attendus dans plusieurs festivals européens. Mais les choses ne s’arrêtent pas là : une nouvelle tournée d’hiver est annoncée pour début 2026, avec une vingtaine de dates prévues. Preuve que les Rockets, loin de s’essouffler, continuent d’arpenter la scène avec une énergie intacte.
Avec The Final Frontier, les Rockets signent un album sincère et inspiré, qui réconcilie les fans de la première heure avec les sonorités du 21e siècle. Loin des productions trop chargées des dernières années, le groupe retrouve ici une fraîcheur dans les compositions et une authenticité dans l’interprétation. Chaque musicien trouve sa place, sans surcharge ni esbroufe.
S’agit-il d’un chant du cygne ou d’un nouveau départ ? Difficile à dire. Mais une chose est sûre : si The Final Frontier devait être leur ultime voyage, il s’agirait d’un adieu digne, lumineux, et surtout fidèle à leur légende cosmique.
À bientôt, ici ou ailleurs !
Chrys